Gonorrhée
Qu’est-ce que la gonorrhée ?
La gonorrhée, communément appelée chaude-pisse, dose ou blennorragie, est une infection transmise sexuellement causée par la bactérie Neisseria Gonorrhea (ou gonocoque).
La gonorrhée est-elle fréquente ?
Les gouvernements du Québec et du Canada font régulièrement la compilation des statistiques sur les tendances de toutes les infections transmises sexuellement (ITS) y compris la gonorrhée. Veuillez vous référer aux liens qui apparaissent à la fin de ce chapitre.
Comment se transmet la gonorrhée ?
La gonorrhée se transmet uniquement par les rapports sexuels via l’échange de liquides biologiques au contact des muqueuses génitales, orales ou anales. Ce qui veut dire que la gonorrhée est transmise principalement par la pénétration vaginale ou anale non-protégée et par le sexe oral (fellation). Elle peut aussi se transmettre de la mère à son bébé au moment de la naissance. Elle est rarement transmise par cunnilingus.
Quels sont les symptômes de la gonorrhée ?
Les hommes sont plus sujets à avoir des symptômes que les femmes. Lorsque les symptômes sont présents, ils apparaissent entre 2 et 10 jours après le contact sexuel avec un(une) partenaire infecté(e). Cependant, lorsque la gonorhée est située au col, à la gorge ou à l'anus, la majorité des gens ont peu ou pas de symptômes, d'où l'importance du dépistage de ces sites lors de votre consultation médicale.
Les hommes et la gonorrhée
Chez les hommes, les symptômes peuvent se présenter comme suit :
- un écoulement purulent (liquide épais jaunâtre ou verdâtre) du pénis souvent accompagné de douleur – d'où les termes chaude-pisse, dose ou blennorragie;
- une sensation de brûlure parfois sévère au passage de l'urine;
- une douleur au(x) testicule(s);
- des symptômes d’une infection à l’anus qui peut se manifester par un écoulement, des picotements à l’anus et parfois même l’évacuation douloureuse des selles accompagnée de saignement. Bien que rarement, il est à noter que même les hommes qui n’ont pas de relations anales peuvent être infectés par un contact avec des sécrétions infectées (vaginales, péniennes ou orales).
- une infection de la gorge pouvant causer une douleur localisée, un gonflement douloureux ou du pus dans la gorge (rarement symptomatique).
Les femmes et la gonorrhée
Lorsque les femmes ont des symptômes, elles peuvent éprouver :
- des saignements entre les périodes menstruelles;
- des saignements vaginaux pendant les relations sexuelles;
- des relations sexuelles douloureuses;
- une douleur ou une sensation de brûlure au passage de l’urine;
- des pertes vaginales anormales, épaisses, jaunâtres, verdâtres ou sanguinolentes;
- des symptômes d’une infection à l’anus qui peuvent se manifester par un écoulement, des picotements à l’anus et parfois même l’évacuation douloureuse des selles accompagnée de saignement. Il est à noter que même les femmes qui n’ont pas de relations anales peuvent devenir infectées si la bactérie se répand à partir du vagin.
Le microbe peut se propager aux trompes de Fallope, provoquant ainsi une maladie pelvienne inflammatoire (MPI) – voir le chapitre sur la salpingite.
Quels sont les symptômes de la MPI ?
Les symptômes de la MPI incluent :
- des périodes menstruelles plus longues et plus abondantes;
- des périodes menstruelles plus douloureuses;
- des pertes vaginales anormales;
- des douleurs au bas du ventre (souvent dans la région des ovaires);
- de la fatigue, faiblesse;
- de la fièvre;
- des vomissements;
- des relations sexuelles douloureuses;
- des douleurs à l’examen vaginal.
La gonorrhée et la grossesse
Les femmes infectées par la gonorrhée au moment de l’accouchement peuvent transmettre l’infection à leur nouveau-né. Dans certains cas, la gonorrhée peut être transmise plus tôt durant la grossesse et provoquer un accouchement avant terme ou l'accouchement d’un enfant mort-né (heureusement, cette complication est très rare).
En raison des risques potentiels pour la mère et son bébé, les médecins recommandent que toutes les femmes enceintes subissent au moins un test de dépistage pour la gonorrhée durant leur grossesse. Le traitement de la gonorrhée pendant une grossesse demande une consultation auprès d’un médecin car plusieurs des antibiotiques utilisés pour traiter cette infection ne sont pas considérés sécuritaires durant la grossesse.
La gonorrhée chez le nouveau-né
Lorsque la gonorrhée est transmise au nouveau-né, elle cause une conjonctivite (infection de l’œil). Cette complication est rare de nos jours, car tous les nouveaux-nés reçoivent automatiquement des gouttes antibiotiques dans les yeux afin de prévenir cette infection.
Comment la gonorrhée est-elle diagnostiquée ? Le test N’EST PAS DOULOUREUX !
La gonorrhée est souvent soupçonnée à partir de vos symptômes et de l'examen. Le médecin ou les autres professionnels de la santé utilisent une ou plusieurs techniques de laboratoire pour diagnostiquer la gonorrhée : la coloration directe du microbe à partir d’échantillons de liquides biologiques ainsi que la croissance de la bactérie sur un milieu de culture en laboratoire sont des procédures courantes. Plusieurs médecins préfèrent utiliser plus d’un test pour augmenter leur chance d’obtenir un diagnostic précis.
Le test de coloration de GRAM dans le cas d'une urétrite gonococcique consiste à préparer un frottis avec l’écoulement du pénis, de le placer sur une lame de verre et de le colorer avec des teintures. Puis, le médecin ou le technicien de laboratoire utilise un microscope pour trouver le microbe sur la lame. Vous pouvez habituellement recevoir le résultat immédiatement. Ce test est assez précis pour l'homme, mais moins pour la femme (seulement une femme sur deux avec la gonorrhée aura une coloration positive).
Pour la culture, on place un échantillon sur une plaque à culture (des plaques de couleur chocolat) et on l’incube jusqu’à deux jours afin de permettre à la bactérie de se multiplier. La sensibilité de ce test dépend du site duquel l’échantillon provient. Les cultures d’échantillons prélevés à partir du col de l’utérus détectent l’infection dans environ 90 % des cas. Le médecin peut aussi faire une culture pour détecter une infection à la gorge ou à l'anus. La culture permet aussi d’identifier les bactéries résistantes (celles qui ont appris à contourner les antibiotiques plus anciens). Ceci permet de nous assurer que l’infection sera complètement éliminée.
Parce que les symptômes ne sont pas toujours présents, vous pouvez être infecté(e) sans le savoir. C'est pour cette raison que nous faisons le dépistage, c'est-à-dire le test en absence de symptômes.
L’infection à chlamydia accompagne souvent la gonorrhée. Les personnes diagnostiquées avec la gonorrhée devraient être évaluées pour la présence d’une infection à chlamydia et vice-versa.
Y a-t-il un traitement pour la gonorrhée ?
OUI! Le traitement est simple. Votre médecin vous prescrira une dose unique d'un des antibiotiques suivants pour traiter la gonorrhée de façon efficace :
- ceftriaxone
- cefixime
- ciprofloxacine
- ofloxacine
Si vous avez la gonorrhée et que vous êtes enceinte ou que vous avez moins de 18 ans, vous ne devriez pas prendre la ciprofloxacine ni l’ofloxacine – il y a possibilité de complications ou d’effets secondaires. Votre médecin peut vous prescrire l’antibiotique le plus sécuritaire pour vous – demandez des conseils !
Étant donné que les infections à gonorrhée et à chlamydia voyagent fréquemment ensemble, votre médecin vous prescrira habituellement une combinaison d’antibiotiques, telle que la ceftriaxone et la doxycycline ou l’azythromycine, qui traitera les deux infections (voir l’infection à chlamydia).
Si vous avez la gonorrhée, tous vos partenaires sexuels devraient être testés (et traités s’ils sont infectés), peu importe la présence ou l'absence de symptômes.
Votre médecin vous aidera à déterminer quel est le meilleur traitement pour vous. Demandez des conseils.
Qu’arrive-t-il si je ne traite pas la gonorrhée ? La gonorrhée est-elle dangereuse ?
Lorsque traitée tôt, il n’y a pas de conséquences à long terme associées à la gonorrhée. Dans le cas contraire, des complications sérieuses peuvent survenir.
Les conséquences à long terme chez l’homme peuvent inclure :
- L’épididymite – une inflammation des testicules pouvant causer la stérilité;
- La prostatite;
- La gonococcémie disséminée;
- Des cicatrices dans l'urètre et de la difficulté à uriner.
Les conséquences à long terme chez la femme incluent :
- La maladie pelvienne inflammatoire – une infection qui se propage du vagin et du col vers l’utérus et les trompes de Fallope. La MPI peut mener à l’infertilité (voir section sur la MPI);
- Un abcès tubaire (des trompes) ou ovarien (des ovaires);
- Une grossesse ectopique (une grossesse hors de l’utérus);
- Une périhépatite (une infection autour du foie);
- L’infertilité;
- La transmission de la gonorrhée au nouveau-né, durant son passage dans le canal vaginal au moment de l’accouchement.
Environ 2 % des personnes non traitées pour la gonorrhée peuvent développer une complication rare connue sous le nom d’infection disséminée à gonocoque (IDG). Celle-ci se caractérise par une fièvre, des lésions sur la peau et une douleur de type arthritique. Il s'agit d'une atteinte générale du système par le microbe gonocoque, d'où l'importance d'effectuer des tests de dépistage.
Qui est susceptible de contracter la gonorrhée ?
- Les personnes qui ont plus d’un partenaire sexuel;
- Les personnes dont le partenaire a d’autres partenaires sexuels;
- Les personnes qui n’utilisent pas de préservatif;
- Les personnes qui ont souffert une ITS dans le passé;
- Les personnes qui ont des relations sexuelles anonymes ou de hasard (ex.: sauna);
- Les enfants abusés sexuellement.
Les jeunes adultes ont le plus haut taux de gonorrhée. Les personnes qui ont plus d’un partenaire, particulièrement les femmes qui ont moins de 25 ans, doivent subir un test pour la gonorrhée régulièrement, même en l'absence de symptômes.
Les femmes qui contractent la gonorrhée alors qu’elles ont un stérilet sont plus à risque de développer une MPI, parce que la bactérie a un accès direct au canal génital supérieur. C’est pour cette raison que le stérilet n'est recommandé qu'aux femmes en relation monogame.
Comment une personne avec la gonorrhée peut-elle éviter de la transmettre ?
- En informant ses partenaires sexuels (le médecin peut aider à contacter les partenaires et les traiter);
- En n'ayant pas de relations sexuelles (sexe oral inclus) avant que le traitement soit complété (pendant au moins une semaine);
- En s’assurant que tous les partenaires soient testés et traités en même temps, brisant ainsi la chaîne de transmission et protégeant des risques de re-contamination.
- En utilisant un condom (masculin ou féminin) qui offre une bonne protection lorsqu’il est bien utilisé, et ce de façon systématique;
- En demandant des examens de dépistage régulièrement;
- En s’assurant de bien se laver les mains durant le traitement afin d’éviter de transférer l’infection aux yeux.
On n’acquiert aucune immunité après une infection, ce qui veut dire qu'une personne peut se réinfecter continuellement.
Comment puis-je éviter de contracter la gonorrhée ?
L’abstinence de relations sexuelles génitales et orales est le seul moyen de se protéger à 100 % contre la gonorrhée et les autres infections transmises sexuellement.
Si vous êtes actif sexuellement, vous pouvez diminuer vos risques de contracter la gonorrhée ou d’autres ITS en suivant les conseils suivants :
- À l'exception de l’abstinence sexuelle, une relation sexuelle monogame avec un(e) partenaire non infecté(e) est le meilleur moyen de prévenir la gonorrhée ainsi que les autres ITS;
- Les condoms demeurent la meilleure protection contre les ITS pour les personnes qui sont actives sexuellement. Ils devraient être utilisés systématiquement et correctement pour toute activité sexuelle sauf dans une relation monogame avec un partenaire non infecté. Prévilégiez un condom (masculin ou féminin) ou une digue dentaire pour le sexe oral, particulièrement si les risques sont inconnus;
- Limitez le nombre de partenaires. Vos risques de contracter la gonorrhée et les autres ITS augmentent avec le nombre de partenaires;
- Des examens réguliers. Le dépistage des ITS devrait faire partir de votre examen de routine. N’attendez pas l’apparition de symptômes. Vous devriez consulter votre professionnel de la santé régulièrement si vous ou votre partenaire avez d’autres contacts sexuels.
Quelles sont les nouveautés ?
Des recherches récentes ont rendu disponible un test urinaire extrêmement précis, assurant ainsi un prélèvement plus accessible et beaucoup moins douloureux pour l’homme. De plus, un traitement par antibiotiques à prise unique permet d’accroître de façon substantielle l’efficacité du traitement – spécialement chez les adolescents – en comparaison avec le traitement de 7 jours. Informez-vous auprès de votre médecin.
Des condoms à différentes saveurs sont maintenant disponibles pour le sexe oral (fellation). Des digues dentaires ou des feuilles en latex pour recouvrir la vulve peuvent également être utilisées pour pratiquer le cunnilingus en toute sécurité et sont plus facilement disponibles que par le passé. Visitez la pharmacie ou la boutique de condoms de votre quartier.
Liens et références
- Cas déclarés et taux de ITS à déclaration obligatoire
- Centre de ressources et d'intervention en santé et sexualité (CRISS) (514) 855-8991. Services offerts: Information, femmes, groupes mixtes hétérosexuel, ligne info-sida ITSS, mères.
-
Español-Gonorrea - Hoja informativa de los CDC
Español-Enfermedades de transmisión sexualDepartamento de Salud y Servicios Humanos
- Ligne d’écoute et d’information sur les ITS (514) 855-8995
- Numéros de téléphone provinciaux et territoriaux des lignes secours des ITS/VIH/sida
- Rapport de surveillance des ITS canadiennes – gonorrhée

