Chlamydia
Qu'est-ce que la chlamydia (klam-id-ja) ?
La chlamydia est une bactérie composée de plusieurs souches pouvant provoquer différentes sortes d’infections. Alors que la chlamydia pneumoniae peut causer un genre de pneumonie et que la chlamydia psittaci peut causer un autre genre de pneumonie (associée à l’exposition aux oiseaux), c’est la chlamydia trachomatis qui est responsable de l’infection transmise sexuellement (ITS).
L'infection à chlamydia est-elle fréquente ?
L'infection à chlamydia est l'ITS la plus fréquente. Les gouvernements du Québec et du Canada font régulièrement la compilation des statistiques sur les tendances de toutes les infections transmises sexuellement (ITS), y compris la Chlamydia trachomatis. Veuillez vous référer aux liens qui apparaissent à la fin de ce chapitre.
Comment se transmet la chlamydia ?
La chlamydia peut se transmettre par les rapports sexuels via l’échange de liquides biologiques au contact des muqueuses génitales, orales ou anales, ce qui veut dire que la chlamydia est transmise principalement par la pénétration vaginale ou anale, non-protégée et/ou par le sexe oral (fellation). Elle peut aussi se transmettre de la mère à son bébé lors de la naissance. Elle est rarement transmise par cunnilingus.
Quels sont les symptômes de l’infection à chlamydia ?
Une des plus grandes préoccupations à la Clinique médicale l’Actuel est l’absence fréquente de symptômes associés à l’infection par la chlamydia. Le nombre réel de personnes qui sont infectées mais qui ne le savent pas varie énormément selon la région géographique, l’âge, le sexe, etc. On croit que la plupart des personnes infectées par la chlamydia l’ignorent et par conséquent, ne consultent pas les professionnel-le-s de la santé. On estime que la prévalence de l’infection par la chlamydia qui est asymptomatique varierait entre 40 et 70 %, indiquant ainsi que le nombre réel de cas d’infections à chlamydia serait beaucoup plus élevé que celui qui est rapporté. Même en l’absence de symptômes, la bactérie peut quand même se transmettre.
Lorsque les symptômes se manifestent, ils peuvent débuter à peine 5-10 jours après le contact. Cependant, de plus longues périodes peuvent s’écouler avant l’apparition des symptômes. Ces dernirs peuvent également être intermittents chez certaines personnes, raison pour laquelle aucune consultation et aucun traitement ne sont recherchés. Si vous êtes incertain ou pensez que vous êtes à risque maintenant ou que vous l’avez été dans le passé, consultez votre médecin.
Les hommes et l’infection à chlamydia
Lorsque les hommes ont des symptômes, ils peuvent avoir un écoulement (purulent, liquide ou laiteux) du pénis, une sensation de brûlure au passage de l’urine, ou les testicules enflés et douloureux (orchite et/ou épididymite).
Ces symptômes sont semblables à ceux causés par la gonorrhée. On l’appelle aussi l’urétrite non-gonococcique (UNG). Souvent, les hommes ne prennent pas ces symptômes au sérieux car les symptômes peuvent être présents seulement tôt le matin et être très légers. Les symptômes peuvent disparaître complètement, cependant la personne demeure porteuse, peut le transmettre et développer des complications.
Les femmes et l’infection à chlamydia
Lorsque les femmes ont des symptômes, elles peuvent éprouver des saignements entre les périodes menstruelles, des saignements vaginaux après les relations sexuelles, des douleurs abdominales, des relations sexuelles douloureuses, de la fièvre, une douleur au passage de l’urine, une urgence plus fréquente à uriner, une inflammation au col de l’utérus, des pertes vaginales anormales et une cervicite mucopurulente (des pertes jaunâtres provenant du col de l’utérus et qui peuvent avoir une odeur nauséabonde). Toutefois, 40-70% n'ont pas de symptômes.
Chez les femmes autant que chez les hommes, la chlamydia peut provoquer des picotements ou des saignements au rectum. Elle peut aussi causer des pertes et de la diarrhée (proctite). Si elle infecte les yeux, la chlamydia peut causer des rougeurs, des picotements et des sécrétions. La conjonctivite à chlamydia demeure une complication peu fréquente.
Il existe aussi des souches de chlamydia qui sont responsables d’une autre infection transmise sexuellement que l’on appelle le lymphogranulome vénérien. Cette infection est rencontrée plus fréquemment dans les pays en voie de développement, mais elle est quand même répandue à travers le monde. Aux États-Unis, elle est plus fréquente chez les hommes homosexuels et elle est une des causes de la proctite et de la colite (inflammation du gros intestin).
L’infection à chlamydia est souvent associée à une infection gonococcique. Donc, toutes les personnes qui reçoivent un diagnostic d’une infection à gonorrhée devraient aussi être évaluées pour une infection à chlamydia.
L’infection à chlamydia et la grossesse
L’infection à chlamydia peut se traduire par un saignement abondant avant l’accouchement. Elle peut causer une rupture prématurée des membranes résultant en un accouchement avant terme. Elle peut aussi être associée à l’avortement spontané, à l’accouchement d’un enfant mort-né ou d’un enfant de petit poids.
Heureusement, l’infection à chlamydia peut être traitée avec succès chez la majorité des femmes enceintes. Les antibiotiques doivent être choisis avec précaution durant la grossesse, alors soyez certaine de consulter votre médecin.
L’infection à chlamydia chez le nouveau-né
Le risque de transmission de la chlamydia au nouveau-né est de l’ordre de 20 à 50 % lorsque la mère est atteinte et non traitée. La chlamydia est la cause principale de la conjonctivite du nouveau-né, une infection de l’oeil qui peut causer la cécité si elle n'est pas traitée. Les symptômes commencent habituellement durant le premier mois après la naissance.
Ces bébés peuvent aussi développer une pneumonie à chlamydia laquelle peut être fatale. Cette infection est plus difficile à traiter chez le nourrisson que chez l’adulte.
Comment l’infection à chlamydia est-elle diagnostiquée ?
Le diagnostic est effectué en isolant la Chlamydia trachomatis, soit à l’aide d’une culture (il faut faire pousser le microbe), ou encore par la confirmation de la présence de l’ADN spécifique au microbe (son code génétique) dans un échantillon vaginal ou urinaire.
Chez la femme, il est important de faire un examen vaginal afin d’examiner le col de l’utérus (l’entrée de l’utérus) et de faire un prélèvement des sécrétions à l’aide d’un coton-tige au Dacron.
Parfois la cytologie (test Pap) suggère qu’un dépistage pour la chlamydia s'avère nécessaire. On ne doit toutefois pas se fier au test Pap pour rechercher une infection à chlamydia.
Chez l’homme, un test d’urine est maintenant disponible, remplaçant ainsi le prélèvement douloureux de l’urètre (conduit dans le pénis). Les hommes doivent s'abstenir d'uriner deux heures avant l'examen.
Une infection par la gonorrhée ou par la chlamydia peut présenter les mêmes symptômes. Il est important de les différencier, car certains médicaments éliminent la gonorrhée, mais n’agissent pas contre la chlamydia. D’autres infections transmises sexuellement peuvent aussi masquer les symptômes de la chlamydia.
Pour subir un test de dépistage de la chlamydia ou de la gonorrhée, il est important de ne pas être sous antibiotiques (trois semaines depuis la fin des antibiotiques).
Y a-t-il un traitement pour l’infection à chlamydia ?
Oui! L’infection à chlamydia est facile à traiter une fois diagnostiquée. Des antibiotiques sont prescrits pour enrayer la bactérie. L’azythromycine ou la doxycycline sont les traitements de première ligne. L’azythromycine est prise en une seule dose. La doxycycline, même si elle est moins coûteuse, doit être prise pendant sept jours. La pénicilline n’est pas efficace pour éliminer l’infection à chlamydia.
D’autres catégories d’antibiotiques incluant l’ofloxacine et l’érythromycine peuvent aussi être prescrits pour guérir l’infection à chlamydia. L’érythromycine est souvent prescrite chez la femme enceinte ou chez d’autres personnes qui ne peuvent pas prendre de la tétracycline. Elle est aussi utilisée pour traiter les nourrissons qui souffrent d’une infection aux yeux ou d’une pneumonie causée par la chlamydia. Votre médecin peut vous aider à déterminer quel est le meilleur traitement pour vous. Demandez des conseils.
Si vous êtes traité(e) pour une infection à chlamydia, ou toute autre infection transmise sexuellement, rappelez-vous :
- De prendre toute la médication. Même si les symptômes disparaissent, l’infection est encore présente dans votre organisme;
- Assurez-vous que votre(vos) partenaire(s) sont traité(e)s en même temps que vous afin de ne pas vous réinfecter. Le but est l’éradication complète;
- Ne partagez vos médicaments avec personne.
Qu’arrive-t-il si je ne traite pas une infection à chlamydia ? Est-ce dangereux ?
Une infection à chlamydia peut devenir une menace importante pour la santé si elle n’est pas traitée, particulièrement pour la femme. Non-traitée, elle peut causer des problèmes sévères et coûteux au système reproducteur, telles que la maladie pelvienne inflammatoire (MPI) qui a un lien direct avec l’infertilité et la grossesse tubaire (à l'intérieur des trompes de Fallope), potentiellement mortelle. La MPI peut causer le blocage complet des trompes de Fallope. Ceci peut rendre une femme stérile, c'est-à-dire incapable de devenir enceinte. Les ovules fécondés ne peuvent plus se rendre à l’utérus car les trompes sont obstruées. Un ovule qui se développe dans les trompes, provoque une grossesse ectopique ou une grossesse tubaire. Une femme peut mourir si une grossesse se développe hors de l’utérus. Une opération d’urgence est habituellement nécessaire. Les femmes avec une MPI sont de 7 à 10 fois plus à risque de développer une grossesse ectopique.
Des recherches récentes ont démontré que la femme infectée par la chlamydia a un risque accru de 3 à 5 fois d’attraper le VIH, si elle y est exposée.
Plus rarement, l’infection à chlamydia peut également rendre un homme stérile. Elle peut se propager de l’urètre jusqu’aux testicules. Elle provoque alors une épididymite (une infection du conduit spermatique) ou une prostatite. L’épididymite peut causer la stérilité. Les symptômes incluent la fièvre, une enflure et une douleur intense aux testicules.
Qui est susceptible d’attraper une infection à chlamydia ?
- Les personnes qui ont plus d’un partenaire sexuel;
- Les personnes dont le partenaire a d’autres partenaires sexuels;
- Les personnes qui n’utilisent pas de préservatif;
- Les personnes qui ont souffert d'une ITS dans le passé;
- Les enfants abusés sexuellement;
- Les femmes de moins de 25 ans ont le plus haut taux d’infection à chlamydia. Celles-ci doivent subir un test pour la chlamydia, même en l'absence de symptômes.
Les femmes qui contractent une infection à chlamydia alors qu’elles ont un stérilet sont plus à risque de développer une MPI parce que la bactérie a un accès direct au tractus génital supérieur. C’est pour cette raison que le stérilet n'est recommandé qu'aux femmes en relation monogame.
Comment une personne avec une infection à chlamydia peut-elle empêcher de la transmettre ?
- Informer ses partenaires sexuels (le médecin ou le département de santé publique peut aider à contacter les partenaires et les traiter);
- Ne pas avoir de relations sexuelles (sexe oral inclus) avant que le traitement soit complété (au moins 7 jours);
- S’assurer que tous les partenaires soient testé(e)s et traité(e)s en même temps, brisant ainsi la chaîne de transmission et se protégeant des risques de re-contamination;
- Utiliser un condom lequel offre une bonne protection lorsqu’il est bien utilisé et ce, de façon systématique;
- Demander des examens de dépistage régulièrement si elle a plusieurs partenaires.
Comment puis-je éviter de contracter une infection à chlamydia ?
- En utilisant un condom (masculin, féminin, ou une digue dentaire lors de sexe oro-génital) en tout temps et avec tous vos partenaires;
- En vous faisant dépister régulièrement pour les ITS - discutez de la fréquence avec votre médecin;
- L’abstinence sexuelle ou une relation sexuelle monogame avec un partenaire connu n’ayant aucune ITS est un moyen efficace de prévenir la chlamydia ainsi que les autres ITS.
Quelles sont les nouveautés ?
Des recherches récentes ont rendu disponible un test urinaire extrêmement précis, procurant ainsi un prélèvement plus accessible et beaucoup moins douloureux pour l’homme. De plus, un traitement par antibiotiques à prise unique permet d’accroître de façon substantielle l’efficacité du traitement - spécialement chez les adolescents - en comparaison avec le traitement de 7 jours. Informez-vous auprès de votre médecin.
Des condoms à différentes saveurs sont maintenant disponibles pour le sexe oral (fellation). Des digues dentaires ou des feuilles en latex pour recouvrir la vulve peuvent également être utilisées pour pratiquer le cunnilingus en toute sécurité et sont plus facilement disponibles que par le passé. Visitez la pharmacie ou la boutique de condoms de votre quartier.
Liens et références
- Cas déclarés et taux de ITS à déclaration obligatoire
- Cas déclarés et taux de la chlamydiose génitale au Canada selon le groupe d'âge et le sexe, 1991-2002
- Centre de ressources et d'intervention en santé et sexualité (CRISS) (514) 855-8991. Services offerts: Information, femmes, groupes mixtes hétérosexuel, ligne info-sida ITSS, mères.
-
Español-Clamidia - Hoja informativa de los CDC
Español-Enfermedades de transmisión sexualDepartamento de Salud y Servicios Humanos
- Étude de prévalence de l'infection génitale à Chlamydia trachomatis et à Neisseria gonorrhoeae chez les jeunes de la rue de Mtl
- Ligne d’écoute et d’information sur les ITS (514) 855-8995
- Numéros de téléphone provinciaux et territoriaux des lignes secours des ITS/VIH/sida

