Difficultés érectiles
La dysfonction érectile
La dysfonction érectile est mieux connue sous le terme de l’impuissance. La dysfonction érectile est un problème qui n’est pas transmis sexuellement et qui augmente avec l’âge. On croit qu’elle affecte moins de 5 % des hommes dans la quarantaine et jusqu’à 60 % des hommes qui ont plus de 70 ans. Lorsque la dysfonction érectile se produit chez les jeunes hommes, elle tire fréquemment son origine d’une importante composante psychologique. Les problèmes érectiles de nature psychogène pourraient être plus répandus chez les jeunes hommes homosexuels qui éprouvent un trouble d’identité sexuelle.
Qu’est-ce que la dysfonction érectile ?
La dysfonction érectile est une incapacité d’obtenir et de maintenir une érection de qualité suffisante pour avoir une activité sexuelle satisfaisante. Une érection doit être assez rigide pour permettre la pénétration dans le vagin, la bouche ou l’anus. Il est important de noter que la pénétration anale requiert un pénis plus gonflé (érection plus rigide) car il doit traverser les muscles puissants du sphincter anal. Lorsque les difficultés d’érection se manifestent seulement durant la pénétration anale, il s’agit d’une forme particulière de dysfonction érectile. Dans d’autres formes de troubles érectiles, l’homme peut obtenir une érection et pénétrer, mais il perd son érection durant le coït.
La dysfonction érectile est-elle fréquente ?
On estime que la dysfonction érectile affecterait entre 2 et 3 millions d’hommes au Canada.
Quelles sont les causes de la dysfonction érectile ?
La dysfonction érectile peut simplement être causée par des troubles psychologiques : l’anxiété, le stress, un nouveau partenaire sexuel, une nouvelle situation sexuelle, la dépression, etc. Cette forme de dysfonction érectile est beaucoup plus répandue chez les hommes de 20 à 40 ans. Parfois un premier épisode peut mener à une certaine « anxiété anticipatoire » faisant qu’un problème éprouvé une fois devient alors un problème récurrent.
Lorsque la cause est organique, votre médecin fera des tests appropriés et vous prescrira un traitement.
Les problèmes vasculaires sont la cause organique la plus fréquente. Dans cette situation, les troubles érectiles sont dus au rétrécissement des vaisseaux sanguins – les tuyaux du pénis ne pouvant s’engorger suffisamment de sang, les érections deviennent par conséquent inadéquates. On appelle ce problème l’artériosclérose (rétrécissement des vaisseaux sanguins) et elle est souvent associée à la cigarette, au diabète, à l’hypertension artérielle (haute pression) et à l’augmentation du cholestérol (habitudes de vie malsaines).
Les problèmes neurologiques : Le cerveau (où se trouve le centre du désir) et les organes génitaux (d’où provient la stimulation), sont liés par la moelle épinière. Si ce lien venait à faire défaut, l’érection serait perturbée. Les dommages au système nerveux peuvent être causés par une maladie (diabète, sclérose en plaques, accident vasculaire cérébral, etc.), un traumatisme à la moelle épinière (fracture de la colonne vertébrale) ou au nerf génital (chirurgie de la prostate), et enfin une hernie discale (pincement d’un nerf spinal).
Les troubles hormonaux : particulièrement les niveaux de testostérone trop faibles. L’impact de l’utilisation de stéroïdes anabolisants ne doit pas être sous-estimé. L’utilisation de produits anabolisants envoie un message à votre cerveau de cesser la production de la testostérone. Cette dysfonction peut devenir temporaire ou permanente. Les maladies de la glande thyroïde (glande au niveau de la gorge produisant une hormone qui contrôle le métabolisme et le niveau d’énergie) peuvent aussi être une cause de difficultés érectiles chez certains hommes. Les niveaux de testostérone trop faibles sont très fréquents chez les hommes atteints du VIH/sida et plus particulièrement chez ceux qui prennent des médicaments anti-VIH. Ce qui nous amène à la section portant sur les causes chimiques de la dysfonction érectile.
Les drogues légales et illégales. Si vos problèmes ont commencé après le début d’un nouveau traitement, mentionnez-le à votre médecin. Plusieurs classes de médicaments peuvent causer des troubles érectiles, donc révisez-les avec votre médecin. La dysfonction érectile peut aussi apparaître suite à la consommation de drogues récréatives et/ou d’alcool. Rappelez-vous que l’alcool dans sa phase initiale a un effet stimulant menant à une baisse de l’inhibition. Celle-ci est suivie rapidement par une phase dépressive pendant laquelle l’alcool gêne la fonction érectile. Le tabac a également une influence directe sur la fonction érectile. Une des premières étapes dans le traitement de la dysfonction érectile devrait être l’arrêt de la cigarette.
Quels sont les symptômes de la dysfonction érectile ?
- L’incapacité d’obtenir une érection ;
- L’incapacité de pénétrer votre partenaire (perte de l’érection ou baisse de la rigidité avec la pénétration) ;
- L’incapacité de maintenir une érection jusqu’à l’orgasme.
Comment la dysfonction érectile est-elle diagnostiquée ?
Pour que la dysfonction érectile soit diagnostiquée, il faut que vous en parliez à votre médecin. Votre médecin pourra donc procéder à une histoire détaillée et un examen physique dans le but d'identifier les causes potentielles de vos problèmes d’érections.
L’investigation typique pour la dysfonction érectile inclut :
- Revue des médicaments ;
- Revue des drogues récréatives ;
- Évaluation de la consommation d’alcool ;
- Discussion de la consommation de tabac ;
- Mesure de la pression sanguine ;
- Examen des organes génitaux ;
- Examen du pouls dans les aines (évaluation des vaisseaux sanguins dans les aines) ;
- Examen neurologique ;
- Mesure du taux de sucre sanguin ;
- Mesure du taux de cholestérol sanguin ;
- Mesure des taux d’hormones dans le sang.
Parfois le bilan initial peut être complètement normal. Devant une telle situation, votre médecin vous référera à un spécialiste (sexologue ou urologue). Des tests de tumescence pénienne nocturne aideront à différencier la dysfonction érectile causée par des problèmes organiques de celle causée par des troubles psychologiques. Il existe des méthodes simples qui documentent la présence et la fréquence des érections lorsque vous dormez. Une d’entre elles consiste à simplement attacher une bande au pénis flasque (mou) au coucher. Si la bande est rompue au lever, c’est un signe qu’une érection s’est produite. Une fréquence normale serait d'environ 3 à 4 érections par nuit. Une autre technique très simple est de remarquer la présence ou l’absence d’érection au réveil. S’il y en a une, on peut conclure à un problème psychogène.
Comment prévenir la dysfonction érectile ?
Afin de vous aider à maintenir une bonne santé, l’adoption de bonnes habitudes de vie doit être encouragée très tôt dans la relation thérapeutique. Une diète bien équilibrée aide à prévenir l’obésité, la haute pression et l’augmentation du cholestérol. Les activités physiques régulières, l'arrêt du tabagisme ainsi qu’une consommation modérée d’alcool aideront tous à prévenir les facteurs de risque organiques de la dysfonction érectile. En cas de maladie, consultez votre médecin afin de mieux contrôler les problèmes reliés à votre style de vie. Le stress peut aussi diminuer la vigueur de vos érections. Essayez de gérer votre stress d’une façon constructive.
Comment traite-t-on la dysfonction érectile ?
Plusieurs options différentes s'offrent à l’homme qui a des problèmes érectiles. Discutez avec votre médecin de l'approche qui vous convient le mieux.
Les médicaments appelés « inhibiteurs de la PDE5 » (disponibles au Canada sous les noms suivants : Viagra-sildénafil, Cialis-tadalafil, et Levitra-vardénafil) aident à obtenir et à maintenir une érection. En présence d'une stimulation sexuelle, ces médicaments augmentent le flot de sang vers le pénis, contribuant ainsi à une érection naturelle. Ces médicaments seront inefficaces si les nerfs qui contrôlent l'érection ont été retirés ou endommagés suite à une blessure ou une chirurgie, comme une ablation de la prostate par exemple. Si les nerfs sont endommagés, des implants péniens peuvent être utilisés. Les inhibiteurs de la PDE5 peuvent être employés de façon sécuritaire par la plupart des hommes souffrant de diabète, y compris certains hommes plus agés. Cependant, ils ne doivent pas être pris par les hommes souffrant de certains problèmes cardiaques, ou par les hommes qui prennent des médicaments nitrés (qui sont souevnt utilisés pour traiter l'angine). Dans tous les cas, avant de prendre des inhibiteurs de PDE5, parlez-en avec votre médecin!
Il est important de discuter de votre choix de traitement de la dysfonction érectile avec votre partenaire sexuel.
Pour les hommes qui ne peuvent prendre d'inhibiteurs de la PDE5, ou pour lesquels ces traitements ne sont pas efficaces, il existe d'autres options thérapeutiques, que ce soit d'autres médicaments, des injections, des traitements d'hormones de remplacement, des dispositifs mécaniques comme des appareils constricteurs à succion, ou des implants. Dans certains cas, la chirurgie peut également être envisagée.
Il peut aussi s'avérer judicieux (et pas uniquement dans une optique de traitement de la dysfonction érectile) de maintenir votre taux de glucose sanguin, votre tension artérielle et votre cholestérol à des niveaux normaux, d'arrêter de fumer et de faire de l'ercice régulièrement. Toutes ces mesures vous permettront de maintenir un meilleur état de santé général, ce qui se traduira par une meilleure santé sexuelle.
Avons-nous oublié de vous recommander d'ARRÊTER DE FUMER?!
Comment fonctionnent les inhibiteurs de la PDE5?
L’utilisation d'un inhibiteur de la PDE5 de 30 à 60 minutes avant l’activité sexuelle permet la relaxation des vaisseaux du pénis qui grossissent et s’engorgent de sang. Le durcissement obtenu comprime les veines à la base du pénis, prévenant ainsi une fuite de sang hors du pénis et vous procurant une érection ! Toutefois, pour que les inhibituers de la PDE5 aient un effet, les nerfs et les vaisseaux doivent être intacts et une stimulation sexuelle est nécessaire. La durée de l'effet de la médication peut varier d’un homme à l’autre, mais en général elle agit pendant environ 4 heures. L’effet de la médication peut aussi être retardé si elle est prise avec un repas copieux et/ou de l’alcool. Les effets secondaires sont habituellement minimes… Informez-vous auprès de votre médecin ou pharmacien. Il est important d’évaluer l’état de votre cœur avant de débuter un traitement à base d'inhibiteur de la PDE5, afin de vous assurer que votre cœur puisse supporter le stress additionnel imposé par les relations sexuelles.
Il est également important d’éviter la combinaison inhibiteur de la PDE5 et médicaments contenant des nitrates. Le nitrite amylique, aussi connu sous le nom de « poppers », ne devrait jamais être utilisé en combinaison avec les inhibiteurs de la PDE5, car des chutes de pression prononcées, voire même dangereuses, ont été rapportées.
Autres médicaments érecteurs (capables de provoquer une érection) – les autres médicaments par voie orale incluent :
- Yohimbine (meilleur qu’un placebo – un comprimé de sucre) ;
- Trazodone (pas meilleur qu’un placebo et avec beaucoup d’effets secondaires) ;
- Phentolamine (meilleur qu’un placebo).
Les agents qui agissent directement :
L’Alprostadil peut être injecté dans le pénis ou inséré sous forme de suppositoires à l’intérieur du conduit du pénis. Cette dernière approche est appelée MUSE (acronyme anglophone pour « medicated urethral system for erection »).
Le VIH/sida et la dysfonction érectile
Comme mentionné précédemment, les hommes qui sont atteints du VIH/sida ont souvent de faibles taux de testostérone ; votre médecin effectuera un suivi régulier. L’utilisation de médicaments anti-VIH peut ou pas avoir un impact sur les taux de la testostérone.
Lorsque le Viagra (citrate de sildénafil) est prescrit pour traiter les problèmes d’érections, il est important de vérifier qu’il n’y ait pas d’interactions dangereuses avec les médicaments en général, particulièrement les médicaments anti-VIH… certains inhibiteurs de la protéase peuvent provoquer des niveaux dangereusement élevés de Viagra.
Rédigé par Dr Robert O’Brien
Traduit par Dr Harold Dion
Liens et références
- [Santé Canada] Avertissement - l'impuissance et le tabagisme
- [Votre SANTE sexuelle] Le centre canadien de ressources sur les difficultés érectiles

