Lymphogranulome vénérien
Qu'est-ce que le lymphogranulome vénérien (LGV) ?
La maladie de Nicolas-Favre, appelée également lymphogranulome vénérien, est une infection transmissible sexuellement (ITS). Le pathogène du LGV est Chlamydia Trachomatis. Il y a plusieurs souches différentes. Alors que la plupart des souches ne donnent qu'une infection superficielle de la peau, les souches L1-L3 sont capables de provoquer une infection généralisée et des ulcérations génitales.
Le LGV est-il fréquent ?
Le LGV est concentré dans les régions tropicales et sub-tropicales du monde. Dans ces régions, le LGV est responsable de 2 à 10 % des ulcérations génitales. Au Canada, l'infection n'est que sporadique, après importation par des personnes à risque (touristes, immigrants, militaires, etc.).
Comment se transmet l'organisme responsable du LGV ?
L’infection se transmet par contacts sexuels avec une personne infectée et en phase contagieuse, par contact génital, oral ou anal et ce, même s’il n’y a pas pénétration.
Quelle est la période d'incubation du LGV ?
La période d’incubation (délai entre le contact et l’apparition des symptômes) est en moyenne de 10 à 14 jours, pouvant parfois aller jusqu’à 6 semaines.
Quels sont les symptômes du LGV ?
L'évolution de la maladie peut se subdiviser en trois stades.
1er stade
Après la période d’incubation, apparaît un petit bouton (papule) non-douleureux qui évoluera en quelques jours vers un ulcère (plaie ouverte) superficiel. En raison de sa guérison rapide (et même sans traitement) en quelques jours, cette lésion n’est remarquée que par une minorité des personnes atteintes.
2e stade
2 à 4 semaines après la lésion primaire commence le deuxième stade dans les ganglions (les participants du système immunitaire) inguinaux (dans l'aine). Les ganglions (du même côté de l'ulcère initial) deviennent enflés et douleureux. Il y a souvent une rougeur à la surface de ces ganglions. À l'occasion, ces ganglions peuvent s'ouvrir à la surface de la peau et émettre un pus crémeux blanchâtre. Le deuxième stade peut être accompagné de symptômes généraux : fièvre, fatigue, maux de tête, vomissements et douleurs aux membres (bras et jambes).
3e stade
En l'absence de traitement, ces ulcérations chroniques produisent des cicatrices et occasionnent des obstructions des vaisseaux lymphatiques (les conduits qui transportent des liquides corporels). Cette complication peut provoquer un éléphantiasis (une enflure importante des parties génitales). Des symptômes généralisés sont souvent présents à ce troisième stade.
Les hommes et le LGV
Le LGV peut apparaître sur le gland (tête du pénis), le prépuce ainsi que sur le corps du pénis ou à la sortie de l’urètre (conduit à l’intérieur du pénis). L’anus et le rectum peuvent aussi être atteints tout comme le scrotum et les cuisses. L’ulcère génital peut être accompagné d'un écoulement urétral purulent (pus) chez les hommes. L'éléphantiasis des parties génitales chez l’homme se caractérise par une augmentation du volume du pénis ou du scrotum. Si la porte d’entrée du LGV se situait dans la région anorectale (anus et rectum), il peut y avoir des complications rectales avec troubles défécatoires.
Les femmes et le LGV
Chez la femme, on trouve le LGV principalement dans le vagin, sur les lèvres génitales et dans la région péri-anale, mais rarement sur le col de l’utérus. Les lésions extra-génitales sont aussi peu fréquentes. L'ulcère génital peut être accompagné d'un écoulement cervical (à l’entrée de l'utérus) ches les femmes. L'éléphantiasis des parties génitales chez la femme se caractérise par une augmentation du volume des lèvres génitales. Si la porte d’entrée du LGV se situait dans la région anorectale (anus et rectum), il peut y avoir des complications rectales avec troubles défécatoires.
Le LGV et la grossesse
Si l'infection au LGV se produit durant la grossesse, il y a risque de transmission mère-enfant lors du passage du bébé dans le canal vaginal, au moment de l’accouchement. Les traitements antibiotiques disponibles sont choisis en fonction de leur sécurité d'utilisation durant la grossesse.
Comment le LGV est-il diagnostiqué ?
Le LGV est difficile à diagnostiquer à l’examen clinique, particulièrement dans les régions du monde où l’incidence est faible. La culture de matériel provenant de la base d’un ulcère (prélèvement de sécrétions à l’aide d’un coton-tige) permet d’identifier le micro-organisme dans seulement 30 % des cas. C'est pour cela que si le statut clinique est évocateur, le diagnostic se fait par dosage des anticorps anti-chlamydies (test spécifique aux bactéries responsables, effectué à l'aide d'une prise de sang). La sérologie (anticorps dans le sang) devient généralement positive dans les 2 semaines suivant le début de la symptomatologie. Le taux d'anticorps peut rester élevé après le traitement.
Y a-t-il un traitement pour le LGV ?
Le traitement de choix du LGV est l’antibiotique doxycycline, pris par voie orale (comprimés par la bouche) pendant 3 semaines. Des alternatives s'offrent aux personnes allergiques à la doxycycline et aux femmes enceintes qui ne devraient pas prendre la doxycycline. À l’occasion, les ganglions enflés peuvent nécessiter une aspiration ou une incision pour prévenir les ulcérations et les complications. Les patients co-infectés par le VIH peuvent être traités de la même manière, mais la durée doit être prolongée si la guérison tarde.
Votre médecin vous aidera à déterminer le meilleur traitement pour vous.
Qui est susceptible de contracter le LGV ?
Le risque de contracter le LGV est plus grand lorsqu’une personne a des relations sexuelles sans condom, avec ou sans pénétration du pénis dans le vagin, l’anus ou la bouche avec :
- un nouveau partenaire (homme ou femme), même régulier, qui n’a pas vu un médecin pour se faire confirmer qu’il n’a pas le LGV ;
- un partenaire qui a d’autres partenaires sexuels (ou qui en a eu sans qu’on le sache nécessairement) ;
- plus d’un partenaire ;
- un partenaire anonyme ou de hasard ;
- un partenaire travaillant dans l’industrie du sexe ;
- un partenaire provenant d’un pays tropical ou subtropical.
Comment les personnes atteintes du LGV peuvent-elles en empêcher la transmission ?
- En utilisant un condom qui offre une bonne protection lorsqu’il est bien utilisé et ce de façon systématique ;
- En s'abstenant de s'engager dans des activités sexuelles et en consultant un médecin en présence d'un ulcère ;
- En parlant de santé sexuelle et d'ITS avec leurs partenaires ;
- En avertissant tous leurs partenaires (des 90 derniers jours), brisant ainsi la chaîne de transmission et protégeant des risques de re-contamination.
Comment puis-je éviter de contracter le LGV ?
- Utilisez un condom en latex (masculin, féminin ou une digue dentaire lors de rapports sexuels oro-génitaux) en tout temps avec tous vos partenaires ;
- L’abstinence sexuelle ou une relation sexuelle monogame avec un partenaire connu n’ayant aucune lésion ou infection est aussi un moyen efficace de prévenir le LGV ainsi que les autres ITS chez les personnes actives sexuellement.
Rédigé par Dr Robert O'Brien
Liens et références
- Cas déclarés et taux de ITS à déclaration obligatoire
- Centre de ressources et d'intervention en santé et sexualité (CRISS) (514) 855-8991. Services offerts: Information, femmes, groupes mixtes hétérosexuel, ligne info-sida ITSS, mères.
- Ligne d’écoute et d’information sur les ITS (514) 855-8995
- Numéros de téléphone provinciaux et territoriaux des lignes secours des ITS/VIH/sida

