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Hépatite A, B, C, D, E

Qu’est-ce que l’hépatite virale ?Comment l’hépatite est-elle diagnostiquée ?
Quels sont les symptômes de l’hépatite virale ?Y a-t’il un traitement pour l’hépatite virale ?
Comment se transmet le virus qui cause l’hépatite virale ?Faut-il suivre une diète particulière ?
Qui est à risque de développer une hépatite fatale ?Comment les personnes avec l’hépatite virale peuvent-elles éviter de la transmettre ?
L’hépatite virale et la grossesseComment puis-je éviter d’attraper l’hépatite virale ?
L’hépatite virale chez le nouveau-néQui peut recevoir la vaccination gratuite contre l’hépatite B ?
Comment l’infection au VIH/sida affecte-t-elle l’hépatite virale ?Qui devrait envisager la vaccination contre l’hépatite A ?

Qu’est-ce que l’hépatite virale ?

L’hépatite virale est une inflammation du foie causée par un virus. Il existe au moins cinq types d’hépatites virales qui sont bien connus. Leurs symptômes se ressemblent, mais leur mode de transmission et leur évolution dans l’organisme varient considérablement.

Quels sont les symptômes de l’hépatite virale ?

La plupart des personnes qui sont infectées par le virus de l’hépatite A ont des symptômes de la grippe (fatigue, fièvre et mal de tête) alors que d’autres ont des maux de ventre, de la diarrhée et une jaunisse (la peau ou les yeux jaunes) environ un mois après que le virus ait pénétré l’organisme. L’infection suit son cours et guérit complètement, après quoi une immunité se développe pour la vie (le système immunitaire développe des anticorps spécifiques à l’hépatite A qui protègent contre une réinfection). En plus de la jaunisse (appelée aussi « ictère »), l’urine peut devenir très foncée et les selles très pâles (comme de l’argile). Habituellement, l’hépatite A se résorbe complètement en deux mois. Alors que les résultats sont en règle générale favorables, parfois un patient peut mourir durant la phase aiguë de l’infection. Les personnes sont considérées contagieuses jusqu’à une semaine après qu’on ait observé la jaunisse.

Contrairement aux personnes infectées par le virus de l'hépatite A, plusieurs personnes infectées par les virus de l’hépatite B et C ne se sentent jamais malades et guérissent complètement. Ceux qui sont symptomatiques ont des symptômes similaires à ceux de l’hépatite A qui commencent normalement entre un et trois mois après l’entrée du virus dans l’organisme. 10 % des adultes atteints de l’hépatite B aiguë et 80 % de ceux atteints de l’hépatite C développent une infection chronique qui peut entraîner la cirrhose et/ou le cancer du foie plus tard dans leur vie. Ces patients n’arrivent pas à éliminer le virus de leur organisme et demeurent porteurs de cette infection. Ceci veut dire qu’ils ont toujours une petite quantité de virus dans leur sang et leurs liquides biologiques. Ces porteurs peuvent transmettre l’infection même s’ils n’ont pas de symptômes.

Le virus de l’hépatite D ne peut se développer qu’en présence du virus de l’hépatite B et se manifeste de façon similaire. Le virus de l’hépatite E provoque une infection similaire à celle de l’hépatite A (mode de transmission entérique, c'est-à-dire via le système digestif, à travers l'eau et la nourriture contaminée), mais il se retrouve principalement dans les pays en voie de développement (Asie, Inde, Pakistan, etc. ). L’hépatite E est très rare en Amérique du Nord. L'hépatite E est particulièrement dangereuse pour les femmes enceintes, et elle peut même leur être fatale. 

Comment se transmet le virus qui cause l’hépatite virale ?

Les virus de l’hépatite A et E se transmettent surtout par voie orale ou fécale (de l’anus à la bouche – par exemple, si on ne se lave pas les mains après la selle), par contact humain, par des aliments crus ou insuffisamment cuits (crustacés, fruits et légumes), et par de l’eau contaminée. C’est pour cette raison que le risque de contracter les hépatites A et E est plus grand dans les pays sous-développés, où l’eau est contaminée par des matières fécales et les égouts, contaminant ainsi tout ce avec quoi elle entre en contact. Le virus de l’hépatite A est aussi responsable des épidémies dans les communautés homosexuelles ou chez les hommes ayant des relations sexuelles avec des hommes (HARSAH), et qui ont des contacts sexuels oro-anaux.

Les virus de l’hépatite B et D se transmettent principalement par les relations sexuelles non protégées (sexe oral et pénétration vaginale ou anale), le partage de seringues souillées, le sang ou les liquides biologiques. Rappelez-vous que votre partenaire sexuel peut ne pas savoir qu’il est atteint (il peut ne pas se sentir malade et avoir tout de même contracté le virus). L’hépatite B peut aussi se transmettre de la mère à l’enfant au moment de l’accouchement. Cette situation est plus répandue dans les pays où l'hépatite B est endémique (où les taux sont plus élevés – Asie, Afrique, etc.).

Enfin, le virus de l’hépatite C se transmet essentiellement par le sang (partage de seringues, transfusions sanguines, tatouage, piercing). Le risque d’attraper l’hépatite C lors de relations sexuelles est très rare, à l’exception des HARSAH (chez qui il peut atteindre 10 %). À la naissance, les mères infectées peuvent transmettre l’hépatite C à leur enfant dans 5 % des cas. Le risque augmente à 25-30 % si la mère est en plus infectée avec le VIH.

Les hépatites B et C ne sont pas transmises par l’eau, les aliments ou par des contacts à l’école ou au travail.

Qui est à risque de développer une hépatite fatale ?

  • Les personnes souffrant déjà d’un type d’hépatite et qui contractent un deuxième virus (il est important de prévenir une seconde infection par la vaccination, lorsqu’elle est appropriée).
  • Les personnes qui ont une maladie du foie causée par l’alcool – hépatite, cirrhose ou cancer du foie (hépatome).
  • Les personnes âgées.

L’hépatite virale et la grossesse

Certaines études ont démontré qu’il était possible de transmettre le virus de l’hépatite virale au fœtus durant la grossesse ou au nouveau-né durant l’accouchement. Les gynécologues / obstétriciens effectuent généralement un test chez toutes les femmes enceintes au début de leur grossesse et préparent un plan de traitement selon les résultats obtenus. La plupart des cas d’infections néonatales d’hépatite B peuvent être prévenus par un dépistage précoce et un traitement par la vaccination passive et active (des anticorps spécifiques [appelés immunoglobulines] protègent contre l’hépatite B, et un vaccin contre l’hépatite B [dans les 24 heures suivant la naissance] est donné pour stimuler la formation d’anticorps personnels contre l’hépatite B).

L’hépatite virale chez le nouveau-né

90 % des nourrissons nés de mères porteuses de l’hépatite B développeront une infection chronique. Encore une fois, il est donc très important de faire un test pour détecter la présence de l’hépatite virale chez la femme enceinte afin de vacciner le nouveau-né contre l’hépatite B.

Comment l’infection au VIH/sida affecte-t-elle l’hépatite virale ?

L’hépatite virale chronique évolue plus fréquemment vers la cirrhose du foie chez les personnes qui sont aussi atteintes du VIH/sida. Un traitement plus agressif est donc recommandé. L’infection par les hépatites B ou C peut aussi avoir un impact négatif sur le VIH/sida car l’inflammation causée par le virus peut diminuer la capacité de l’organisme d’assimiler et d’éliminer les médicaments anti-VIH puissants (thérapie antirétrovirale). Le foie métabolise une grande quantité de médicaments antirétroviraux. Conséquemment, une hépatite B ou C chronique peut limiter le choix de thérapies potentielles et augmenter les effets secondaires possibles par leurs effets cumulatifs sur le foie.

Comment l’hépatite est-elle diagnostiquée ?

Évidemment, une personne souffrant des symptômes classiques de l’hépatite (jaunisse, nausée, diarrhée et fatigue) sera soupçonnée de souffrir d’un type d’hépatite. Un historique détaillé de la part du médecin aidera à cerner de quelle hépatite il s’agit. La seule façon de savoir si vous êtes atteint d’une hépatite virale et d’en identifier le type, est de subir un test de sang.

Y a-t’il un traitement pour l’hépatite virale ?

Les hépatites A et E guérissent d'elles-mêmes sans aucun traitement. Un traitement de support peut être prescrit pour soulager vos symptômes pendant que votre système immunitaire élimine le virus. Après une exposition connue au virus de l’hépatite A, l’administration d’une dose d’immunoglobulines durant les 14 premiers jours peut aider à prévenir ou à tout le moins à atténuer la maladie.

L'avenir s'annonce prometteur pour les personnes atteintes d'une infection chronique à l'hépatite B. Il y a dix ans à peine, aucun traitement n'était disponible pour lutter contre cette maladie. Bien qu'on soit toujours à la recherche d'un traitement offrant une guérison complète de l'hépatite B, on dispose maintenant de six médicaments approuvés chez les adultes (deux chez les enfants), et plusieurs médicaments prometteurs sont en développement. Les traitements actuels semblent plus efficaces chez les personnes ne démontrant aucun signe de maladie du foie active. 

Le traitement n'est pas indiqué pour toutes les personnes souffrant d'hépatite B chronique. Vous deevz d'abord demander à votre médecin si vous êtes susceptible de bénéficier d'un traitement de l'hépatite B ou d'une étude clinique. Assurez-vous de bien comprendre les avantages et les inconvénients de chaque option.

Que vous décidiez d'entreprendre un traitement ou pas, il est très important que vous soyez suivi par un hépatologue (un spécialiste du foie) ou un médecin qui connaît l'hépatite B, et ce sur une base régulière.

Le traitement de l'hépatite B est en constante évolution. Plusieurs médicaments sont présentements disponibles pour lutter contre l'hépatite B au Canada :

  • 3TC (lamivudine, Heptovir)
  • adéfovir (Hepsera)
  • entécavir (Baraclude)
  • emtricitabine (FTC, Emtriva)
  • interféron-alpha (Pegasys ou Pegetron)
  • ténofovir (Viread)
  • ténofovir et FTC en un seul comprimé (Truvada)

Plusieurs de ces médicaments (excepté entécavir, adéfovir et interféron-alpha) sont également utilisés pour lutter contre l'infection au VIH, en raison de leur importante activité antirétrovirale. Si vous souffrez à la fois d'hépatite B et du VIH, ces médicaments pourraient vous convenir. Parlez-en à votre médecin.

De la recherche à l'approbation finale, les médicaments sont soumis à une rigoureuse inspection par Santé Canada. Une fois approuvés par Santé Canada, les provinces et les territoires les soumettent à une autre révision, avant de les inscrire à leur formulaire respectif des médicaments remboursés. Ceci explique la variabilité de la disponibilité de ces médicaments entre les provinces/territoires. Votre médecin et votre pharmacien vous tiendront au courant des derniers développements.

Combinaisons de médicaments

Jusqu'à tout récemment, il n'existait que très peu de médicaments contre l'hépatite B, c'est pourquoi le traitement consistait généralement en un seul médicament (monothérapie), habituellement la lamivudine (3TC). Mais un traitement à la lamivudine seule ne peut pas demeurer efficace très longtemps, en raison de la capacité du virus de l'hépatite B de développer de la résistance au 3TC. Avec l'arrivée de nouveaux médicaments, la question de traiter ou non l'hépatite B avec une combinaison de médicaments s'est posée, tout comme elle s'était posée avec les nouveaux médicaments anti-VIH il y a quelques années.

La combinaison de médicaments nous permet d'espérer que le développement de résistance sera retardé. Mais en attendant plus d'études cliniques, il n'est pas évident de faire le meilleur choix parmi les médicaments disponibles. Il est nécessaire d'effecture plus de recherches, pour améliorer la tolérabilité et les résultats des médicaments.

Bien que tous ces médicaments soient approuvés pour lutter contre l'hépatite B chronique, ils ne parviennent pas à guérir complètement l'infection, sauf dans de rares cas. Généralement, on parle de « guérison » lorsqu'une personne parvient à se débarrasser complètement du virus de l'hépatite B, et développe des anticorps de surface protecteurs.

Même en absence de guérison, les médicaments diminuent significativement les risques de dommages au foie causés par le virus de l'hépatite B en ralentissant ou en interrompant la réplication du virus. Comme dans le cas du VIH, il semble qu'une combinaison de médicaments soit probablement la meilleure façon de lutter contre l'infection chronique à l'hépatite B.

En ce qui concerne l’hépatite C, une combinaison de deux médicaments antiviraux (interféron plus ribavirine) prescrite sur une période de six mois à un an semble être assez efficace. La durée du traitement dépend du type d’hépatite C que vous avez, du dommage déjà survenu au foie et de la réponse initiale à la thérapie. Les régimes thérapeutiques actuels peuvent guérir jusqu’à 50 % des patients.

Votre médecin peut vous aider à déterminer quel est le meilleur traitement pour vous.

Faut-il suivre une diète particulière ?

Il n’est pas nécessaire de suivre une diète particulière à condition de manger des aliments sains et nutritifs tel qu’indiqué dans le Guide alimentaire canadien. L’alcool peut endommager votre foie. Il faut donc vous en restreindre à tout au plus deux boissons par jour, si l’abstinence totale est impossible.

Comment les personnes avec l’hépatite virale peuvent-elles éviter de la transmettre ?

En ce qui concerne les hépatites A et E, il faut se laver soigneusement les mains après être allé à la selle et avant de manipuler des aliments, des boissons ou des glaçons destinés à d’autres personnes.

Si vous avez l’hépatite B, C ou D :

  • Utilisez des condoms lors des relations sexuelles (orales, vaginales et anales).
  • Ne partagez pas des aiguilles ou des dispositifs associés aux drogues.
  • Ne partagez pas votre brosse à dents, rasoir, lime ou tout autre article personnel portant des traces de sang.
  • Couvrez toute plaie avec un pansement.
  • Nettoyez toute surface contaminée par votre sang avec de l’eau de javel (une partie de javel pour neuf parties d’eau).
  • Ne donnez pas de sang, d’organes ou du sperme pour l’insémination artificielle.
  • Si vous êtes enceinte, votre bébé peut être protégé par une immunoglobuline dans les 24 heures suivant la naissance, et peut aussi être vacciné contre l’hépatite B (il n’existe pas encore de vaccin contre l’hépatite C).

Comment puis-je éviter d’attraper l’hépatite virale ?

Les hépatites A et E:

  • Évitez les contacts sexuels oro-anaux.
  • Si vous séjournez dans une région endémique où les conditions d’hygiène sont mauvaises (Asie, Afrique, Amérique du Sud, Mexique, Antilles…), évitez de consommer l’eau du robinet, les glaçons, salades, fruits sans pelure, fruits de mer insuffisamment cuits, aliments vendus sur la rue).
  • Il existe un vaccin efficace contre l’hépatite A qui se donne en deux doses et qui confère une excellente immunité. La dose initiale confère une protection quelques semaines après son administration, et qui dure jusqu’à un an. La deuxième vaccination confère une immunité qui persiste entre 10 et 20 ans – ce qui en vaut la peine ! L’hépatite A peut être prévenue complètement.

Les hépatites B, C et D :

  • Ayez des relations sexuelles protégées.
  • Ne partagez pas des aiguilles ou des dispositifs associés aux drogues.
  • Ne partagez pas votre brosse à dents, rasoir, lime ou tout autre article personnel portant des traces de sang.
  • En vous immunisant contre l’hépatite B. C’est une mesure efficace pour prévenir l’hépatite B et il existe actuellement un programme de vaccination gratuit pour les enfants en Amérique du Nord (plusieurs adultes ne sont pas vaccinés). Trois injections sur une période de six mois procurent une protection prolongée chez la majorité des gens.
  • En recevant une immunoglobuline si vous avez été exposé depuis sept jours ou moins à du sang ou des liquides biologiques infectés. Ces anticorps peuvent vous protéger immédiatement contre une infection par l’hépatite B s’ils sont donnés au moment approprié. Consultez votre médecin !
  • En faisant un dépistage si vous êtes enceinte afin de vacciner le nouveau-né contre l’hépatite B. Si votre test est positif, votre médecin s’assurera que votre bébé sera bien traité immédiatement après la naissance. La prévention de l’hépatite chez votre nouveau-né est essentielle !

Qui peut recevoir la vaccination gratuite contre l’hépatite B ?

  • Les personnes souffrant d’une ITSS.
  • Les hommes ayant des relations sexuelles avec des hommes (HARSAH).
  • Les jeunes de la rue.
  • Les utilisateurs de drogues injectables.
  • Les jeunes de moins de 18 ans.
  • Les partenaires et contacts familiaux des personnes atteintes d’hépatite B.
  • Les élèves de 4e année.
  • Les nouveau-nés de mères porteuses du virus de l’hépatite B.
  • Les personnes sous dialyse ou celles souffrant de maladies nécessitant des transfusions fréquentes de produits sanguins.
  • Les personnes en attente d’une greffe d’organe.

Qui devrait envisager la vaccination contre l’hépatite A ?

  • Les voyageurs se rendant dans des pays endémiques (installations sanitaires déficientes); consultez une clinique de santé voyage.
  • Les hommes qui ont des relations sexuelles avec des hommes (HARSAH).
  • Les utilisateurs de drogues injectables.
  • Les personnes avec des malades du foie – hépatite B et/ou C.
  • Les personnes sous dialyse ou celles souffrant de maladies nécessitant des transfusions fréquentes de produits sanguins.

Liens et références